ELECTIONS 2012. ABSTENTION, VOTE BLANC OU VOTE NUL: UNE REELLE LIBERTE?
L’État, le Système cherche à nous diriger avec une arme subtile appelée « culpabilité ». Celle-ci est utilisée dans la majorité des cas et surtout lorsque cet État sent que nous pourrions échapper à son contrôle. Le cas du « droit de vote » fait non seulement partie de l'arsenal, mais il est extrêmement emblématique de ce sentiment de mauvaise conscience que l'on voudrait nous voir porter en cas d'absence d'acte électoral. En un mot : l'Abstention.
Quelques définitions
L'abstention consiste à ne pas participer à une élection ou à des opérations de référendum. Elle traduit soit un désintérêt total pour la vie publique, soit un choix politique actif consistant à ne pas se prononcer afin de montrer son désaccord. Ainsi, à l’occasion du référendum sur les accords de Matignon portant sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie en 1988, l’un des partis de l’opposition avait appelé ses partisans à s’abstenir pour s’opposer au texte. Néanmoins, l’abstention semble traduire une crise de la représentation et peut poser la question de la légitimité du pouvoir politique élu avec une faible participation.
Le vote blanc consiste pour un électeur à déposer dans l’urne un bulletin dépourvu de tout nom de candidat (ou de toute indication dans le cas d’un référendum). Ce type de vote indique une volonté de se démarquer du choix proposé par l’élection.
Le vote nul correspond à des bulletins déchirés ou annotés. Il est parfois difficile d’interpréter le sens d’un vote nul. L’électeur peut ne pas avoir souhaité que son vote ne soit pas décompté (il a cru qu’une mention manuscrite ajoutée n’aurait aucune incidence). Mais, il arrive également que l’électeur ait volontairement déposé un bulletin nul pour manifester son opposition aux différents candidats et programmes présentés.
Lors du dépouillement les votes blancs et nuls sont comptabilisés et sont annexés au procès verbal dressé par les responsables du bureau de vote. Mais ils n’apparaissent pas dans le résultat officiel où ne sont mentionnés que le nombre des électeurs inscrits, le nombre de votants, les suffrages exprimés ( ensemble des bulletins moins les votes blancs et nuls).
Droit ou devoir?
Voter est avant tout un droit, nous a-t-on souvent dit et répété. C'est à dire une liberté. D'ailleurs, ne parle-t-on pas initialement de « droit de vote » et non de « devoir de vote » ? :
Le droit de vote permet aux citoyens d'un État de voter pour exprimer leur volonté, à l'occasion d'un scrutin, et ainsi d'élire leurs représentants et leurs gouvernants ou de répondre à la question posée par un plébiscite ou un référendum. C'est un droit civique fondamental dans une démocratie. Source wikipédia.http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_de_vote
Mais bizarrement, comme par magie, au cours du temps, on entend de plus en plus le mot « droit » se transformer furtivement en mot « devoir », accompagné de cette formule : Le vote proprement dit n'est pas obligatoire, c'est juste une obligation morale (« le vote est un droit, c'est aussi un devoir civique »), source Wikipédia. http://fr.wikipedia.org/wiki/Vote_obligatoire#France .
Certains pays ont mis en application cette obligation de vote sous peine de sanctions.
Nous ne sommes donc plus dans la jouissance d'un droit. Nous ne sommes donc plus dans la liberté d'analyser, de décider et de choisir : décider de la famille politique, analyser la légitimité des candidats, de choisir le candidat qui répond à nos besoins et de choisir d'aller ou de ne pas aller voter. Tout cela est compris dans ce fameux droit de vote.
S'il existe un tel leitmotiv sur le thème « voter est un devoir civique», c'est uniquement parce que celui-ci sert les intérêts de la pensée dominante et non les nôtres.
La culpabilité
Donc pour passer du droit au devoir, la meilleure arme est la culpabilité. Et une des techniques reste la mémoire de ceux qui se sont battus pour obtenir ce droit. La culpabilité a le gros avantage de rester inscrite dans nos mémoires et d'être activée soit par la répétition mémorielle ou, le moment venu par l'énonciation de quelques symboles. Toute la charge émotionnelle que nous portons -le sacrifice, la mort pour la collectivité quasiment répétés tous les jours par les médias-, nous empêche d'utiliser notre rationalité, notre pouvoir de raisonnement, qui, de toute façon même si nous avons l'impression d'analyser la situation, notre analyse échafaudera toujours ses conclusions sur nos fondations affectives. Et l'on aura toujours la certitude d'avoir concrètement répondu à la question avec des arguments objectifs vu que l’ego ne peut jamais se désavouer. Et l’ego c'est l'affectivité.
Comme disait Wilhelm Reich à propos de l'individu subissant l'autorité: « la question à se poser, n'est pas ''pourquoi le pauvre se met à voler, mais surtout pourquoi il a mis si longtemps avant de le faire ?'' On voit bien que la norme, la loi -et là en l’occurrence l'interdit-, est souvent bien plus le gestionnaire de l'individu, que ne le sont ses nécessités vitales.
La contradiction
Que pouvons-nous nous poser comme question dite « objective » ou « globale », vis à vis de tous les combats sur la liberté en générale, et les différents éléments y afférents ? C'est que ces morts, sont morts pour l'expression d'une liberté à nous exprimer, et dans cette liberté il y avait aussi le droit de choisir nos dirigeants. Ces morts ne sont pas morts pour que ce qui devait être un droit se transforme en devoir, en obligation, car je ne sais pas si vous percevez la contradiction vers laquelle nous glissons: ce qui était sensé nous libérer d'une certaine « dictature monarchique » par le non choix de nos dirigeants, se transformerait en « dictature démocratique » par l'obligation de faire usage d'un droit sensé représenter notre liberté de choix. C'est proprement contradictoire kafkaïen ou plutôt orwellien.
George Orwell (1903-1950)
La Manipulation
Orwell dans son livre « 1984 » à été un des premiers à mettre en relief le poids de la langue dans la manipulation de la pensée de masse. Il avait fort bien décrit la méthode qu'il avait appelé « Novlangue ». Orwell fait dire à l'un de ses personnages : « Ne voyez-vous pas que le véritable but du Novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. » La chose fonctionne évidemment dans l'autre sens : on créé le mot, le symbole s'y rattachant et la pulsion qui l'accompagne et ainsi nous créons une « attitude », une « tendance » comme disent les publicitaires et les politologues. L'exemple de la formule « politiquement correcte » -qui nous vient des USA - en est une illustration des plus évidentes, corroborée par le discours de certains journalistes honnêtes qui prolongent l'impact de cette formule par l'autocensure.
Jean Therme. Manipulateur
On retrouve cette démarche -l'emprisonnement de la pensée par l'imprégnation du verbe-, dans tous les domaines. Voyez-vous même : "Nous travaillons avec des spécialistes d'histoire, de philosophie, de religion, de représentation de l'imaginaire afin de définir comment projeter les nanotechnologies dans l'imaginaire du grand public. » Jean Therme, patron du CEA-Grenoble colloque : I. comme imaginaire arts-science-entreprises, journal silence avril 2007. Mr Jean Therme parle bien d' « imaginaire » et non d'analyse rationnelle afin de nous faire accepter une nouvelle technologie. Cela en dit long sur les forces au pouvoir qui nous bombardent continuellement de mensonges pour nous vendre leurs chimères.
Le Franc et l'Euro
Mais je dois reconnaître que la plus magistrale des chimères acceptées grâce à la manipulation mentale, restera pour longtemps l'imprégnation de l'image de l'Euro mondialiste venue supplantée celle du Franc Français. Car enfin, comment une monnaie qui a été reconnue et utilisée par la totalité des Français pendant des générations, soit de la sorte refusée de refaire surface sur l’échiquier mondial, au même titre que d'autres pays qui utilisent leur propre monnaie ? Installer une telle peur de revenir à une chose que l'on a connu, -et que l'on a aimé-, pour en accepter une autre qui nous est étrangère et dont tous les signes nous montre ses faiblesses -Grèce, Espagne, Portugal...-, et sa dangerosité, est la preuve que le contrôle mental fonctionne, et que cette nouvelle monnaie est sans aucun conteste issu d'une œuvre malsaine. D'ailleurs Attali nous dit bien que Maastricht (1992) a été conçu comme un piège.
Le verbe comme arme psychologique
Pour bien comprendre l'évolution toujours sournoise et grandissante du phénomène, le site Polémia a publié un petit dictionnaire de Novlangue qui comprend plus de 250 mots parmi les plus employés aujourd’hui par l’élite dirigeante et notamment les médias. (Si vous avez comme moi des difficultés à le trouver, cliquez ici).
Il comprend cinq types de mots :
1° les mots trompeurs, qui ont changé de sens et qui signifient souvent le contraire de ce qu’ils exprimaient auparavant :
LIBERATION, LIBERTE. Mot trompeur ; définition de la liberté réduite à la seule expression des pulsions individuelles et principalement entendue comme la remise en cause des normes comportementales admises dans les sociétés européennes. Terme employé pour marginaliser la définition de la liberté entendue comme participation à la vie publique et maîtrise de son destin. Note : ce terme convient par conséquent parfaitement aux individus consommateurs/sujets du Système (trad. : dérèglement).
2° les mots subliminaux, qui sont utilisés pour produire certains effets de répulsion ou d’approbation chez le récepteur :
DETERMINATION. Mot subliminal destiné à suggérer le volontarisme présumé du gouvernement ou du président de la République (voir « Volonté ») ; en général consiste en déclarations non suivies d’effets concrets (trad. : intentions, paroles).
3° les mots marqueurs, qui expriment l’idéologie dominante :
PLANETE. Terme marqueur de tout discours cosmopolite (voir « Mondial »).
4° les mots tabous, que l’idéologie dominante s’efforce de supprimer :
FRONTIERES. Mot tabou. Principal obstacle à la prospérité et à l’entente entre les peuples selon l’idéologie dominante ; il faut donc préconiser « un monde sans frontières ». Note : les bonnes frontières doivent être « ouvertes » sauf bien sûr aux États-Unis et en Israël. (trad. : protection).
5° les mots sidérants, qui visent à disqualifier les adversaires du Système :
NEGATIONNISME. Mot sidérant pour « révisionnisme ». Note : l’élite au pouvoir qui pratique un révisionnisme permanent et culpabilisant à l’égard de l’histoire nationale engage pourtant une lutte résolue contre les révisionnistes.
Je pense sincèrement que l'on peut analyser les termes « droit de vote » et « voter est un devoir civique » dans la catégorie des mots trompeurs, et le mot « abstention » dans la catégorie: mots subliminaux pour produire un effet de répulsion et mots tabous que l'idéologie s'efforce de supprimer.
Quelle force est cachée dans l'abstention?
Une abstention de 18% serait une catastrophe historique sans nom pour tous les politiciens. Cela signifierait que les électeurs se seraient émancipés du Sacro-saint « droit de vote », qui, nous le savons, est enregistré dans certains esprits comme « devoir de voter ». Donc 18% diraient à la classe politique : « Stop ! C'est fini, nous ne croyons plus en vous et à votre système fallacieux. » On peut très clairement se rendre compte que l'on se moque de nous, puisque le vote blanc n'est absolument pas reconnu.
Voir le tableau pour le cas n°2 : « Hollande élu avec une excellente participation ». Cela prouve bien que ce sont le mouvement et l'agitation qui plaisent aux médias ainsi qu'aux politiciens, et non les subtilités. En un mot : faire du vent !
Un fois de plus je ne sais pas comment l'on peut appeler cela. Moi j'appelle ça du non respect du citoyen. Car un vote blanc reste un vote, un acte consciemment fait par la personne. Eh bien niet, si 18% d'électeurs votaient blanc le 6 mai, leur geste ne serait même pas reconnu. Il servirait même la cause politique qui le définirait par: « une excellente participation ». Mais en s'abstenant la formule devient:"18% d'abstention, Hollande élu avec un fort taux d'abstention". Hollande, comme beaucoup l'ont compris perdrait de sa légitimité.

Pour en revenir aux sacrifiés
Je ne pense pas que les morts soient morts pour que leurs descendants soient ignorés de la sorte. Car dans ce « droit de vote » on peux y mettre toute notre liberté : une voix, un vote blanc, nul ou abstention. Les morts ont donné leurs vies pour notre droit à nous exprimer, et l'abstention est et restera une expression, certainement plus profonde que ce que l'on veut bien nous en dire et nous faire croire. C'est un acte révolutionnaire comme le droit de vote lui-même issu de la révolution. C'est aller à l'encontre de l'ordre établit ! Donc aller voter au seul motif -louable- que nos ancêtres sont morts pour cela, c'est tomber dans la manipulation de la pensée dominante et culpabilisante. Ce n'est pas faire usage de son esprit critique et d'adaptation aux nouvelles circonstances. C'est appliquer purement et simplement un concept sans l'avoir vraiment passé au crible de l'analyse rationnelle, c'est en fait appliquer sur un acte de réflexion sérieuse, une attitude pulsionnelle et affective.
A qui sert vraiment le vote?
Le vote obligatoire
(carte mondiale des votes obligatoires wikipedia)
« La question du vote obligatoire se pose régulièrement dans un certain nombre d’Etats, dont la France, au vu de l’importance prise par l'abstention» Source : vie publique.
On peut également soulever une autre contradiction sur le propos, c'est celui de la pensée dictatoriale. Car dire qu'il faudrait rendre le vote obligatoire est un oxymore de première. Comment peut on mettre ces deux termes côte à côte sur le plan philosophique: Le vote étant un choix et l'obligation un non choix. Une fois de plus cette pensée rejoint celle de George Orwell.
Le droit de vote? Ou l'illusion du droit?
Le 6 mai 2012, -puisque Marine Le Pen n'est pas présente-, j'ai décidé de m'abstenir d'aller voter. Marine est assujettie au minimum, et le minimum pour elle: c'est de voter blanc. Mais nous -ses électeurs-, nous devons aller plus loin, bien au-delà du vote blanc. Et au-delà c'est l'abstention. Je ne donnerai donc ni à Sarkozy le menteur, ni à Hollande le lâche, -ces deux marionnettes instrumentalisées du Système-, une quelconque légitimité.
Le Relayeur Français